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Primaire 2016 : Juppé et Fillon sont les plus populaires auprès de l'électorat de droite et du centre

 

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

Jeudi 01 septembre 2016

Sur le graphique ci-dessus, nous avons agrégé les cotes de popularité de 7 instituts de sondages (CSA puis Elabe, Ifop, Sofres, Ipsos, Odoxa, Harris Interactive, BVA) pour les principaux candidats à la primaire de la droite et du centre. Précisons qu’il s’agit de la popularité auprès des sympathisants de droite et du centre.

A partir, de ces données compilées nous avons ensuite calculé la tendance pour chaque candidat sous forme d’une moyenne mobile.

 

Fin août, Alain Juppé arrive en tête suivi par François Fillon. Bruno Lemaire et Nicolas Sarkozy arrivent en 3ème position à égalité.

 

Si l’on compare les cotes de popularités agrégées aux intentions de vote compilées, on observe une forte corrélation entre popularité et potentiel électoral pour Alain Juppé et Bruno Lemaire. Pour Nicolas Sarkozy, cette « liaison »  n’est plus valide depuis janvier 2016. Reste cependant à observer l’ampleur et la durée du « rebond » de l’ancien Président amorcé en juin 2016.

 

La principale énigme émane de François Fillon qui est le candidat le plus populaire à droite derrière Alain Juppé depuis janvier 2016 alors même que son potentiel électoral stagne à 10% des voix.

 

Primaire de la droite et du centre : compilation des sondages et tendances fin août 2016

 

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

Mardi 30 août 2016

La compilation des données de sondages (BVA, ELABE, ODOXA, IFOP, LH2, SOFRES, IPSOS, Harris-Interactive) sur la primaire de la droite et du centre et leur transformation en moyenne mobile aboutissent au classement suivant en août 2016:

 

1°) Alain Juppé : 37,5%

2°) Nicolas Sarkozy : 28%

3°) Bruno Lemaire : 15%

4°) François Fillon : 10%

Les autres candidats recueillent 9,5% des intentions de vote.

 

Alain Juppé reste en tête malgré une certaine érosion depuis avril 2016. Nicolas Sarkozy reste second et "rebondit" après avoir enrayé sa chute. Il reste cependant  à 9.5 points (en moyenne) d’Alain Juppé.

Bruno Lemaire se maintient autour des 15-16% mais ne progresse plus depuis mars 2016. Enfin François Fillon reste bloqué à 10% des intentions de vote en moyenne, alors qu’il est la deuxième personnalité la plus populaire parmi les sympathisants et électeurs de droite. Il s’agit d’un paradoxe à éclaircir et sur lequel nous reviendrons ultérieurement.

 

Ceci pose la vraie question de ces primaires : sur quels critères décisifs les électeurs vont-ils se prononcer ?

 

Les programmes économiques des différents candidats sont en effet peu discriminants, même si certains d’entre eux ont un peu oublié que ce sont vraisemblablement les électeurs-« ménages » des classes moyennes touchés par le choc fiscal qui feront la différence.

 

Pour l’emporter dans une primaire à droite, il faut certes avoir un programme crédible, parler économie, impôts et réforme de l’Etat, c’est indispensable, mais ce n’est pas suffisant.

 

Il faut en outre pouvoir démontrer que l’on peut arriver en tête au premier tour de la présidentielle, devant le candidat socialiste et devant Marine le Pen. Preuve que l’on est potentiellement le véritable chef d’Etat que les électeurs de droite et du centre attendent de leurs vœux.

BFM Business 

Les décodeurs de l’Eco 

 

Mercredi 13 juillet 2016

 

Hollande : « en marche » vers la primaire ?

 

Avec Véronique Jérôme, ElectionScope, Patrick Coquidé, éditorialiste à BFM Business, Mathieu Jolivet, éditorialiste à BFM Business et Jérôme Sainte-Marie, président de l'institut PollingVox.

 

​Présenté par David Dauba

 

19h-20h

 

Video de l'émission

 

Macron, un politicien comme les autres ?

 

Avec Véronique Jérôme, ElectionScope et Jérôme Sainte-Marie, président de l'institut PollingVox.

 

​Présenté par David Dauba

 

20h-20h30

 

Video de l'émission

 

BFM Business 

Les décodeurs de l’Eco 

 

Jeudi 30 juin 2016

 

Hollande aux français : après les efforts le réconfort ?

 

 

Avec: Véronique Jérôme, polito-économiste Electionscope. Emmanuel Lechypre, éditorialiste BFM Business. Patrick Coquidé, éditorialiste BFM Business. Et François Ecalle, président de Fipeco, professeur d'économie à Paris I. - Les Décodeurs de l'éco, du jeudi 30 juin 2016,

 

Présenté par Fabrice Lundy

 

19h-20h

 

Video de l'émission

 

 

 

A lire ci-dessous dans l'ordre de publication le plus récent:

 

  • Emmanuel Lechypre (BFM Business) à propos des modèles de prévision électorale ElectionScope dans l'heure H (15 juin 2016)
  • Profiter sans adhérer: si le taux de syndicalisation est si faible en France, c'est à cause des free riders! (14 juin 2016)
  • Prévision politico-économique des élections présidentielles US 2016 (vague 4) (7 juin 2016)
  • Le Foot pourra jouer sur la popularité mais pas avant...2018! (6 juin 2016)
  • Embellie sur le front du chômage : un mauvais scenario pour le FN? (30 avril 2016)
  • Prévision politico-économique des élections US 2016 (vague 3) (5 avril 2016)
  • Cycle économique électoral du chômage : à 14 mois de la présidentielle, toujours pas d'inversion de la courbe du chômage (24 mars 2016)
  • Mouvements étudiants et popularité de l'exécutif : quelles leçon en tirer pour la loi travail "El Khomri"? (15 mars 2016)
  • Prévision politico-économique des élections US 2016 (vague 2) (1er mars 2016)
  • Remaniement raté, popularité plombée. Au plus mauvais moment (22 février 2016)
  • Remanier sans se renier : la difficile entreprise de François Hollande (10 février 2016)
  • Minoritaires en voix, les démocrates pourraient néanmoins conserver la Maison Blanche (29 janvier 2016)
  • Une martingale suffira-t-elle à inverser la courbe du chômage? Peut-être. A gagner les élections?..Pas sur. (20 janvier 2016)
  • Bonne année ...2017...! Un Président déjà en campagne pour la Présidentielle? (4 janvier 2016)
  • Demandeurs d'emploi, taux de chômage et calendrier électoral (11 décembre 2015)

Emmanuel Lechypre (BFM Business) à propos des modèles de prévision électorale d’ElectionScope dans l’heure H

 

15 juin 2016

Profiter sans adhérer:

si le taux de syndicalisation est si faible en France, c’est à cause des free riders !

Véronique Jérôme

Bruno  Jérôme

 

Le 14 juin 2016

Crédits photos : Europe1.fr

Ce constat est inspiré d’une thèse développée en 1965 par Mancur Olson[1] traitant de la logique de l’action collective. Il faudrait parler d’un véritable paradoxe plutôt que de logique. La rationalité individuelle est mise à mal dès lors que l’on observe que des individus qui ont tout intérêt à s’unir ne le font pas. 

 

Pourquoi ce reflexe ?

 

Il procède d’un raisonnement simple reposant sur un contexte précis :

  • Il y a un coût de l’adhésion à l’action collective (au syndicat par exemple) le coût est financier, ou simplement un coût d’opportunité, un manque à gagner évaluer par la rémunération qu’aurait procurée une activité alternative (quand l’agent fait grève il ne touche pas son salaire),
  • Le fruit de la négociation à caractère de bien collectif[2] : une fois négociés, l’augmentation de salaire ou les avantages obtenus par les grévistes syndiqués s’appliqueront à tous les salariés syndiqués et non syndiqués,
  • Dès lors l’individu est rationnel lorsqu’il adopte une attitude dit de free rider, traduit par passager clandestin (notamment par Jean Bénard, 1985) et remplacé par le terme aujourd’hui plus politiquement correct d’agent opportuniste bien intentionné faisant cavalier seul.

Le free rider échappe au coût de l’adhésion au syndicat (et à ses contraintes) mais il n’est pas exclu de la jouissance des avantages nés de l’action syndicale ; d’une certaine façon il gagne sur tous les fronts.

En conclusion, pour mesurer la force syndicale en France (contrairement à la Suède où l’adhésion est condition sine qua none du bénéfice des acquis sociaux) rien ne vaut les résultats aux élections sociales (comme nous l’avons déjà démontré dans un article sur la norme sociale et la persistance du syndicat entre autres[3]).

 

Réponse lors des prochaines élections sociales ...en 2017.

 

[1] Olson, Mancur (1965) The logic of collective action, Cambridge, Havard University Press

[2] Un bien collectif pur se définit par la non rivalité d’usage et la non divisibilité de sa consommation. Dit autrement,  on ne peut exclure personne de sa consommation, et il est consommé par chacun dans sa totalité : ce n’est pas un gâteau que l’on partage, mais tout le gâteau pour chacun… difficile à comprendre ? voyez l’exemple du lampadaire il éclaire tout les passants, résidents (qui par leur impôt l’ont financé) ou non résidents qui profitent sans avoir participé au financement.

 

[3] Jérôme Véronique (2013), « Norme sociale et persistance du Syndicat »  in Variation(s) sur la Norme, Association des lauréats de la chancellerie des Universités de Paris, L’Harmattan.

Prévision politico-économique des élections présidentielles US 2016 (vague 4) :

Les démocrates devant les républicains avec 50,3% du vote populaire et 319 mandats 

 

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

 7 Juin 2016

Le foot pourra jouer sur la popularité mais pas avant ... 2018 !

 

ELECTIONSCOPE® Vous dit pourquoi 

 

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

Le 6 juin 2016

 

 

Certains s’étonnent encore aujourd’hui des tentatives diverses visant à « politiser » les grands évènements footballistiques. Cependant, on constate aussi que l’exécutif est toujours prompt à accompagner, voire à récupérer, la ferveur populaire autour des évènements sportifs internationaux tels que le Mondial ou l’Euro de Football.. 

 

Dès lors la question se pose de savoir si François Hollande pourrait profiter pleinement d’une victoire des bleus à l’Euro 2016 ? Ou à tout le moins, si l’amélioration du moral des français consécutive à d’un tel succès, pourrait favoriser un retour en grâce ?

 

Du pain et des jeux

 

Cette interaction entre les jeux et la politique remonte au moins à la Rome antique et aux satires du poète Juvenal à qui l’on doit la formule  Panem et circenses (du pain et des jeux). L’objectif de l’Imperator était d’offrir au peuple « divertissements » et combats de gladiateurs pour afficher puissance, générosité et conforter sa popularité, tout en détournant l’attention du « bon peuple »  des tensions de toutes natures qui fragiliseraient  son pouvoir.

 

Les buts des bleus font-ils monter la popularité de l’exécutif ?

Pour revenir à l’ère contemporaine,  nous avons encore en tête les 15 points de popularité récoltés par Jacques Chirac (et les 7 points pour Lionel Jospin le Premier ministre en cohabitation, source Ifop) lorsque les Bleus ont gagné le Mondial en 1998. Depuis lors, tout chef d’Etat en manque de popularité rêve de ces grands évènements footballistiques pour se relancer.

 

Dans les trois premiers au mondial… sinon rien !

 

Cet objectif n’est pas infondé puisque un lien empirique étroit semble apparaitre entre la place obtenue par les bleus depuis 1986 à la coupe du monde et la variation de la popularité du Président avant et après l’évènement (voir graphique 2). Ceci à un point tel que l’on pourrait s’amuser à en donner la formule mathématique :

 

Variation de la popularité = 11,71 -3,53 x Ln (Place obtenue par les bleus au mondial)[1]

 

Cependant, pour obtenir un bond en popularité significatif, il faut que les bleus obtiennent au moins la troisième place. Ainsi en 2014, les bleus terminent 6èmes et la popularité de François Hollande ne varie pas (18% de satisfaits en mai et 18% fin juillet 2014).

En revanche, les Présidents François Mitterrand puis Jacques Chirac voient leur popularité grimper, après la 3ème place des bleus en 1986 et, leur 2ème place en 2006.

 

Il n’y a pas que le foot…it’s the Economy stupid ! (il y a aussi l’économie)

 

Mais le football est-il le seul responsable dans tout cela ? En effet, rappelons qu’en 1986 et 2006 la croissance était de 2,4% et elle atteignait 3,4% en 1998. En revanche lors des années mornes sur le plan sportif, la croissance était de 1,1% en 2002, 2% en 2010 et de 0,6% en 2014.

 

Les bleus ne font pas la popularité …mais ils y contribuent

 

Ainsi, si les succès des bleus ne font pas la crédibilité du chef de l’Etat, ils offrent au moins une « prime » de popularité qui complète le socle dû à la (bonne) santé de l’économie. Lorsque les bleus gagnent en 1998, l’économie et le moral des français sont dores et déjà orientés à la hausse.

Ce qui est vrai pour le mondial vaut-il pour l’Euro ? non, car l’euro est une affaire d’aficionados

Le premier Euro (Coupe d’Europe des Nations) a eu lieu en France en 1960 et l’équipe des Vincent, Herbin, Wisnieski et Jonquet a terminé 4ème. Depuis 13 éditions ont eu lieu avec une notoriété et un effet mémoire variables comparés à la coupe du monde, surtout depuis 1970, essor des retransmissions télévisées oblige. Certes la génération qui a grandi dès 1974 avec les exploits des « verts » ou de la dream team de Cruijff se souvient des deux finales de l’Euro remportées par la France en 1984 (génération Platini) et en 2000 (génération Zidane), voire peut-être de la somptueuse finale Pays-Bas-URSS de 1988 remportée par les oranje de Gullit et Van Basten. Mais l’Euro, jusqu’à présent, est resté l’affaire des aficionados du football. 

 

Seule la victoire de 1984 coïncide avec un "petit mieux" de popularité  

 

Dès lors, lorsqu’on croise la variation de la popularité du chef de l’Etat avant et après l’Euro et la place obtenue par les bleus depuis 1984 à l’Euro, seuls deux points apparaissent cohérents (voir graphique 1). En 1988, la France est éliminée dès les qualifications (et termine de fait 23ème de la compétition), ce qui correspond à une baisse de popularité de François Mitterrand de 5 points. En 1984, la France gagne l’Euro, ce qui correspond à une hausse de popularité du même François Mitterrand de 1,5 point. Au total, on n’observe pas de lien empirique entre l’Euro et la popularité. La victoire des bleus en 2000 correspond même à une baisse de popularité de Jacques Chirac de 4 points avant et après l’évènement.

Enfin, contrairement au Mondial, l’Euro ne génère pas de prime de popularité lorsque la croissance économique est bien orientée.

Si l’on en croit la chronique du passé, François Hollande ne doit pas s’attendre à un rebond spectaculaire de popularité en « accompagnant » la route des bleus vers la finale. Sa faible crédibilité actuelle repose pour l’essentiel sur le jugement des citoyens-électeurs quant à sa gestion de l’économie. A cela s’ajoute un contexte « lourd » imprimé par les tensions sociales, les intempéries et les craintes d’attentats autour des « fan-zones ».

 

Le foot pourra jouer sur la popularité….mais pas avant 2018

 

A moins d’un changement radical dans les comportements, il semble que le Président ne puisse rien attendre du foot avant 2018, date du Mondial en Russie.

 

Mais,  un an après la présidentielle, qui sera le Président qui en bénéficiera ?

 

 

[1] Ln : logarithme népérien

 

Prévision politico-économique de la Présidentielle 2017 (vague 1)

 

Embellie sur le front du chômage : un mauvais scenario pour le FN ? 

 

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

 30 Avril 2016

Crédits : le jdd.fr

Analyse 

 

A voir aussi "Une reprise qui fait reculer le FN"

Le Journal du Dimanche 30 avril-1er mai, page 5.

 

 

Le rapport de force par grands blocs, droite et centre /gauche/FN

 

Au mois d’avril, la droite et le centre devancent de peu la gauche avec 38% de potentiel électoral contre 37,7 pour la gauche. Depuis mai 2012, la gauche n’a dominé la droite dans notre simulation qu’au premier trimestre 2016 à la faveur de « l’effet retard » du regain de popularité obtenu par François Hollande, en janvier 2016, suite aux attentats de décembre 2015.

Aujourd’hui cet effet est totalement gommé, et la gauche est au contraire pénalisée par la rechute de la popularité du chef de l’Etat. Cependant la stabilisation du taux de chômage autour de 10% depuis un an (plus sous l’effet des emplois aidés que d’une croissance insuffisante pour créer de l’emploi net) permet d’amortir l’effet précédent.

 

La baisse du chômage, cette ennemie du FN

 

On notera aussi que la stabilisation du taux de chômage entame progressivement le potentiel électoral du FN, ce qui permet un retour au bercail de certains électeurs « perdus » dans les bastions de gauche. Notre simulation donnait 28,8% des voix au FN en septembre 2013. Fin avril 2016, ce score simulé est de 24,3%. A noter que l’érosion de la popularité de Marine le Pen continue à accentuer cette tendance.

 

Rapport de force par partis politiques

 

Si l’on simule les voix par partis à partir des rapports de force par blocs du modèle, on constate que le candidat socialiste, avec 17,3% des voix, a pour l’heure peu de chance de se qualifier pour le second tour quel qu’il fût. La concurrence du Front de Gauche, de l’extrême gauche et d’EELV lui est fatale. Les trois formations concurrentes à la gauche du PS « gêlent» 20,4% des voix.

A droite et au centre, le potentiel de voix est de 32,4% des voix en dépit de la concurrence de Debout la France. C’est le score potentiel qu’Alain Juppé ou tout autre candidat vainqueur de la primaire à droite peut (potentiellement) atteindre à condition que François Bayrou ne se présente pas. Dans cette hypothèse, François Bayrou recueillerait autour de 12% des voix ce qui ramènerait le candidat LR à 20,4%.

 

Conjoncture économique aidant, en cas de candidature de Nicolas Sarkozy, François Hollande se rapproche de la qualification, mais…

 

Or, la victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite rendrait la candidature de François Bayrou quasi automatique. On comprend dès lors pourquoi François Hollande compte tant sur l’amélioration probable de la conjoncture économique d’ici à avril 2017, ce qui améliorerait mécaniquement le score de la gauche, en même temps que sa popularité, même s’il aura du mal à atteindre le seuil minimum (empirique) de 42% de satisfaits nécessaire (mais pas suffisant) pour l’emporter sous la Vème République.

A noter que dans l’hypothèse d’un second tour « classique » droite/gauche, notre simulation montre que le candidat de droite l’emporterait largement avec 54% des voix.

 

Mais pour l’heure, ce n’est pas le scenario le plus probable car c’est toujours la candidate du FN qui est qualifiée pour le second tour.

 

 

 

Méthodologie

 

Les prévisions électorales présentées ici sont issues d’un modèle « politico-économétrique » dont la particularité et de générer un potentiel électoral à partir d’un panel de données (spatio-temporelles) à la fois objectives et subjectives. Les données objectives sont d’ordre électoral (élections passées, bastions territoriaux, dates électorales « clés », reports moyens d’un tour à l’autre) et économique (variation du taux de chômage sur une année). Les données subjectives sont la crédibilité de l’exécutif (via la popularité du Président ou du Premier ministre en cohabitation) et l’écart de popularité préélectoral entre candidats.

Les simulations des scores du premier tour sont données à partir de trois équations, l’équation des « sortants », celle de l’opposition « hors  FN » et celle du FN.

L’équation du second tour donne une simulation du score droite/gauche dans l’hypothèse d’un duel classique.

On notera que le modèle génère d’abord des résultats par grandes régions, lesquels sont ensuite agrégés. A cet égard, nous proposons une simulation des rapports de force entre grands blocs au fil de l’eau depuis mai 2012, avec un rythme trimestriel puis mensuel depuis avril 2016. Enfin, nous donnons désormais une estimation par parti politique à l’intérieur de chaque grand bloc (Gauche, droite et centre, FN). Pour ce faire nous combinons les potentiels électoraux issus de nos estimations économétriques et les rapports de force internes à chaque famille politique révélés par les sondages préélectoraux (compilés par nos soins).

Prévision politico-économique des élections présidentielles US 2016 (vague 3) :

Les démocrates passent devant les républicains avec 50,1% du vote populaire et toujours 325 mandats 

 

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

 30 Avril 2016

Cycle économique électoral du chômage :

A 14 mois de la présidentielle toujours pas d’inversion de la courbe du chômage

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

24 Mars 2016

Mouvements étudiants et popularité de l’exécutif : quelles leçons en tirer pour la loi « travail » El Khomri ?

 

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

15 Mars 2016

Véronique JERÔME dans les Décodeurs de l'Eco (14 mars 2016)

Depuis les évènements de mai 1968, tous les gouvernements ont craint les mouvements étudiants et lycéens, qu’ils soient spontanés ou savamment instrumentalisés.

C’est encore le cas aujourd’hui à propos de la loi sur la réforme du travail, les syndicats étudiants et lycéens emboitant le pas des syndicats de salariés. Fait notoire toutefois, les revendications touchent un gouvernement de gauche accusé par une partie de son électorat de mener une politique de « droite » avec en ligne de mire la loi Valls-El Khomri-Macron.

Est-ce une configuration nouvelle sous la Vème République ? Un gouvernement de gauche a-t-il nécessairement moins de chance d’être menacé par le « mouvement de la jeunesse » ? C’est précisément ce que nous envisageons en mesurant la perte ou le gain de popularité de l’exécutif, avant et après chaque mouvement (significatif) étudiant lato sensu depuis 1973.

 

Des motifs de conflit non exclusivement universitaires

 

Depuis 1973, on dénombre 52 mouvements impliquant les étudiants et/ou les lycéens. La plupart de ces mouvements ont eu pour motif affiché la réforme de l’Université, mais pas seulement. Certains mouvements ont concerné les conditions matérielles et les droits des étudiants, mais au-delà, les inquiétudes quant à la mise en place des différentes réformes du marché du travail. Les jeunes se sont ainsi directement impliqués dans le débat sur le contrat d’insertion professionnelle (CIP) en 1994, le contrat « première embauche (CPE) » en 2006, ou les retraites en 2010.

 

Une asymétrie dans le nombre de conflits selon la couleur politique du gouvernement

 

Sur les 52 mouvements précédemment mentionnés, il existe une véritable asymétrie puisque 70% se sont déroulés sous des gouvernements de droite et 30% sous des gouvernements de gauche. Par ailleurs, sur notre période d’observation (1973-2015), alors que la droite a gouverné pendant 24 ans et la gauche pendant 19 ans, la fréquence moyenne d’apparition d’un conflit étudiant est de 1,5 fois par an sous un gouvernement de droite et de seulement 0,8 par an sous un gouvernement de gauche. On comprend alors pourquoi on affirme que les syndicats étudiants ont souvent constitué, implicitement ou explicitement, le « bras armé » de la gauche lorsqu’elle est dans l’opposition.

 

Les mouvements étudiants entraînent-ils un coût politique pour l’exécutif? Et seulement pour un exécutif de droite ?

 

Si l’on mesure la variation du pourcentage de satisfaits du Premier ministre avant et après chaque mouvement étudiant depuis 1973, dans 29 cas sur 52, le chef du gouvernement a subi une perte de crédibilité. Enfin, sur ces 29 cas, deux tiers d’entre eux concernent un Premier ministre de droite. Si l’on peut établir que la perte de popularité moyenne avoisine les 5 points, on note que Jacques Chirac a perdu 10 points en 1986 lors du mouvement contre la loi Devaquet, qu’Edouard Balladur a perdu 4 points avec le CIP en 1994, puis 10 points avec la réforme Bayrou en 1995. De son côté, Dominique de Villepin a perdu successivement 15, 19, puis 9 points lors du conflit du CPE.

La droite n’a pas toujours été seule à être affectée par le coût politique des mouvements étudiants. Début 1984, Pierre Mauroy perd 2, puis 4 points lors du mouvement contre la loi Savary.  En 1990, Michel Rocard perd 9 points à l’issue des manifestations lycéennes contre la loi Jospin. A noter que la « guerre des gauche » sévissait déjà à cette époque.  En 1998, Lionel Jospin devenu Premier ministre perd 11 points après le mouvement lycéen du 15 octobre. Il perdra encore 4 points lors du mouvement des Universités de Metz, du  Havre, de Nantes et de Montpellier en mars 2001. 

ElectionScope d'après données Ifop

La perte de popularité due aux mouvements étudiants a-t-elle des conséquences électorales ?

 

Une perte de popularité n’est pas intégralement transposable en coût électoral. En effet, la popularité n’est qu’une composante du vote, à côté des performances économiques des sortants et de déterminants purement politiques comme le vote passé ou l’implantation électorale territoriale.

Il n’en demeure pas moins qu’une crédibilité altérée entame le potentiel électoral des candidats à la Présidentielle.

Ainsi, Jacques Chirac ne s’est jamais remis du mouvement étudiant de 1986 et a été battu en 1988. Edouard Balladur a vu son socle de crédibilité fondre après les mouvements lycéens (et étudiants) de 1994 et du début 1995. Il fût ensuite battu au premier tour de la présidentielle de 1995. Enfin, Dominique de Villepin a vu sa candidature potentielle en 2007 ruinée par le mouvement anti-CPE, alors même que Nicolas Sarkozy semblait en profiter en demandant le retrait du CPE.

A gauche, Michel Rocard a été durablement affaibli par le mouvement lycéen contre la loi Jospin en 1990. Enfin Lionel Jospin aurait aimé se passer des grèves dans les Universités « jeunes » en 2001, soit un an avant la présidentielle.

 

Quid du gouvernement Valls et de François Hollande ?

 

Le mouvement étudiant et lycéen contre la loi El Khomri entamé le 9 mars 2016, a certes commencé avec une mobilisation mitigée. Mais la détermination de l’UNEF, de l’UNL et de la FIDL (associées aux syndicats de salariés) qui ont annoncé la reconduction du mouvement pour le 17 mars, a déjà provoqué la réécriture de la loi travail, pour aboutir à l’affaiblissement de ses aspects les plus libéraux. A cela s’ajoute la hausse du montant de la « garantie jeunes » devenue universelle, ce qui représente un surcoût (prévu) pour l’Etat de 5 milliards d’euros. Le but est donc bien d’endiguer la montée de ce que d’aucuns ont appelé en un temps le « péril jeune».

 

Les choses sont en effet simples pour François Hollande. Le Président sortant est crédité de 19% de satisfaits dans le dernier baromètre Ifop JDD et de 17% chez Opinionway. Il est ensuite potentiellement éliminé du second tour dans les intentions de vote à la présidentielle. Dès lors, tout enracinement du mouvement étudiant et lycéen lui serait politiquement fatal pour sauver une candidature en 2017…bien que la France soit, et c’est paradoxal, dirigée par un gouvernement de gauche.

 

Du même coup, les réformes structurelles attendront, plombées par une guerre des gauches qui n’a pas encore trouvé son « vainqueur » depuis … le 17 juillet 1984, lorsque Pierre Mauroy fut remplacé par Laurent Fabius pour assumer une nouvelle politique, plus sociale-libérale et, ne l’oublions pas, consécutivement au retrait d’une certaine loi Savary.

ElectionScope d'après données Ifop

Prévision politico-économique des élections présidentielles US 2016 (seconde vague) :

Les démocrates progressent avec 49,2% du vote populaire et se détachent avec 325 mandats 

 

Véronique Jérôme

Bruno Jérôme

 

1er Mars 2016

A la veille du « Super Tuesday », notre seconde vague de prévisions politico-économiques indique que le camp démocrate progresse en potentiel électoral avec 49,2% des voix (vote populaire) contre 48,5% précédemment. En termes de mandats, les démocrates enregistrent 325 (+ 47) « electoral votes » contre 213 aux républicains, grâce au retour de la  Floride et de l’Ohio dans leur giron.

Le regain de popularité de Barack Obama (indicateur de la crédibilité du camp démocrate) et la bonne tenue des chiffres du chômage expliquent la progression des démocrates.

Pour l’heure, le socle électoral des démocrates peut être établi à 260 mandats contre 213 côté GOP. S’agissant des 61 mandats restants (Floride + Ohio + Nevada + Colorado), la probabilité de l’emporter est supérieure à 50% de chances pour les démocrates mais reste inférieure à 65%, seuil à partir duquel la victoire est considérée comme très probable dans un Etat.  

 

Pour aller plus loin :

 Jérôme Bruno et Véronique Jérôme-Speziari. [2012] “Why the State-by-State Political Economy Model Did It Right”, PS: Political Science and Politics,46(1).

 

Jérôme Bruno et Véronique Jérôme-Speziari [2012], “Forecasting the 2012 US Presidential Election: Lessons from a State-by-State Political Economy Model”.,PS: Political Science and Politics. 45(4): 66368.

 

 

Remaniement raté, popularité plombée!

Au plus mauvais moment?

        

Bruno Jérôme

Véronique Jérôme

 

22 février 2016

Crédits photo: Best Image (C)

Sous la Vème République, rares sont les remaniements qui ont été porteurs de gains en crédibilité pour le Président en place. Sur l’ensemble de la période, l’écart moyen entre la popularité « pré » et « post-remaniement » revient à une perte (- 2,2%). Seuls Charles de Gaulle en 1968  et Nicolas Sarkozy en 2010, voire dans une moindre mesure, François Mitterrand en 1992, ont évité une situation d’échec.

 

Parmi les quatre cas de pertes de popularité les plus importants[1], François Hollande apparait à deux reprises, en 2014 et en 2016 avec -5 points à chaque fois. Il y a certes peu de gains à attendre d’un remaniement en termes de crédibilité, mais cette fois-ci, François Hollande est dans une situation plus délicate que ses prédécesseurs. 

 

Trop calculé pour les uns, pas assez pour les autres, le dernier remaniement entraine l’altération de la popularité du Président à un bas niveau (19% de satisfaits) au plus mauvais moment, c’est à dire à 14 mois de la présidentielle.

 

Pour mémoire (données Ifop), et en ne considérant que les présidents sortants battus, 14 mois avant l’échéance, Valéry Giscard d’Estaing comptait 47% de satisfaits (en 1980) et Nicolas Sarkozy 29% (en 2011).

 

[1] Chirac en 2006 (-12), Valéry Giscard d’Estaing en 1976 (-6), Hollande en 2014 (-5) et Hollande (-5) en 2016.

Remanier sans se renier : la difficile entreprise de François Hollande

 

Ou comment faire un gouvernement de combat …sans combattants

 

Véronique Jérôme                             

Bruno Jérôme

 

10 février 2016

  • Remaniement technique ou …plus si affinité ?

Doit-on s’attendre à un remaniement technique dû aux départs de Sylvia Pinel (ministre du logement de l’égalité des territoires et de la ruralité) élue première vice-présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées et, au départ de Laurent Fabius,  futur président du Conseil constitutionnel ou, aura-t-on plus si affinités ?

Car au-delà de la simple question un peu protocolaire, il y a la question de fond : un remaniement pour quoi faire ? Pourquoi maintenant ? Et que peut en attendre le principal  intéressé à savoir le chef de l’Etat en fin de mandat et déjà virtuellement en campagne pour 2017 ?

  • Remaniement pour une reconquête de l’opinion

Il est en effet impossible de ne pas voir dans cette opération un objectif stratégique de reconquête. Reconquête de l’opinion : une nécessité pour un Président qui de nouveau affiche une crédibilité peau de chagrin ; reconquête de la confiance en général, car elle est le ciment indispensable à l’action politique.

Que penser d’un remaniement à cet instant du calendrier, c’est-à-dire à moins d’un an et demi de la fin du mandat ? Peut-on en espérer un quelconque bénéfice ? Un effet booster sur les réformes ? Et surtout sur les résultats de ces réformes ? S’agissant des mesures sur le marché du travail, on sait néanmoins que des phénomènes d’hystérèse sont inévitables, tant les ajustements et les réactions  sont chronophages.

 

  • Mais sous la V° : rares sont les gains en popularité  issus des remaniements

De surcroît, il semble au regard de nos travaux (http://www.electionscope.fr ) qu’il y ait peu à attendre d’un remaniement, en termes de supplément de popularité présidentielle.

A l’exception de Charles de Gaulle qui a pris 6 points en 1968 (Ifop) en remplaçant Georges Pompidou par Maurice Couve de Murville, ou dans une moindre mesure les 3 points gagnés par Nicolas Sarkozy  pour le passage de Fillon 1 à Fillon 2 en novembre 2010 ; force est de constater que dans les autres cas les effets furent au mieux nuls mais le plus souvent négatifs (stabilité de la popularité de François Mitterrand sur mars-avril 1992, mais jusqu’à 6 points de perte pour Valéry Giscard d’Estaing sur juillet-septembre 1976). Enfin, lors du dernier remaniement, lorsque Manuel Valls  a remplacé Jean-Marc Ayrault à Matignon, la popularité de François Hollande est passée de 23% de satisfaits (Ifop JDD mars 2014) à 18% en avril, soit une baisse de 5 points. Notons qu’aujourd’hui le chef de l’Etat bénéficie d’une cote avant remaniement comparable à celle de 2014, il est à 24% de satisfaits (Ifop JDD).

  • Un remaniement rassembleur

Un remaniement rassembleur d’une majorité gouvernementale élargie pour les besoins du prochain rendez-vous électoral. L’idée consiste à profiter de cette occasion pour faire une sorte d’ouverture, mais une ouverture en interne. Le gouvernement réduit à une expression sociale-libérale depuis le départ de Christiane Taubira pourrait prendre le chemin d’un élargissement en intégrant des écologistes compatibles ? Mais pourrait-il aller plus loin ? Plus à gauche ? Pourra-t-il n’en retirer que des avantages sans les inconvénients ? Difficile à croire, et dans ce cas il conviendra de se limiter à une démarche dite de second best, un moindre mal en tentant de minimiser les pertes à défaut de pouvoir maximiser les gains.

Une recherche de la quadrature du cercle en quelque sorte, qui consisterait à faire une ouverture de façade en ouvrant grand la porte aux hommes et pas à leurs idées. Une équation sous tant de contraintes que la recherche d’un équilibre stable et durable semble bien illusoire.

 

  • Au final on risque d’avoir un remaniement pour …FAIRE sans DEFAIRE

Faire un gouvernement dit « de combat »  … sans combattants, sans  profils trop clivants, sans ministres  trop revendicatifs qui réclameraient une modification du cap de la politique économique.

 

Le problème est, que c’est justement, de ces « combattants » que François Hollande pourrait – s’il est candidat- avoir besoin dès le premier tour de 2017 …

Minoritaires en voix, les démocrates pourraient néanmoins conserver la Maison Blanche

C’est en tout cas le résultat de notre première vague de simulations de la présidentielle US 2016 établie juste avant le caucus de l’Iowa

 

Véronique Jérôme                             

Bruno Jérôme

 

29 janvier 2016

 

A la veille du Caucus de l’Iowa, premier rendez-vous « test » des primaires américaines, la première vague de notre modèle ElectionScope de prévision politico-économique De la présidentielle américaine a pour ambition de donner une première tendance du rapport de force potentiel entre Démocrates et Républicains dans les 50 Etats (+ DC).

La prévision repose sur un modèle économétrique, où le vote est expliqué par une série de grands facteurs parmi lesquels :

-L’économie, exprimée par la variation du taux de chômage sur le mandat écoulé,

- La crédibilité du président sortant, exprimée par la popularité Gallup,

- Un indice de trajectoire partisane des Etats depuis 1952,

- Le poids du vote indépendant,

- et différentes caractéristiques propres aux Etats telles que l’avantage retiré de l’implantation électorale locale d’un candidat (home State advantage).

Les coefficients estimés du modèle permettent de générer une simulation des voix dans chaque Etat, avec un focus sur les sortants. La théorie sous-jacente est celle du modèle dit de punition récompense (au sens de Valdimer Orlando Key, 1966). Le sortant maximise ses voix si les électeurs jugent que son bilan économique est bon et s’ils estiment que ses choix et son action économiques sont crédibles.

Notre simulation prend en compte la popularité de Barack Obama en décembre 2015 (soit 45% de satisfaits) et le taux de chômage en variation dans chaque Etat entre novembre 2015 et janvier 2013, soit en moyenne une baisse de 2.2 points (avec un écart type de 1.05 point). En janvier 2013 Barack Obama commençait son mandat avec un taux de chômage de 7%, fin décembre 2015 il est à 5%.

On vérifie bien que la baisse du chômage bénéficie largement au camp sortant, mais pour l’heure on observe que cette prime due à l’économie est en partie grignotée par la crédibilité mitigée du Président sortant. Celle-ci est le reflet du mécontentement pesant sur son action politique interne et externe. Enfin n’oublions pas qu’une certaine incertitude plane sur la situation économique de court terme, ce qui est également enregistré dans la crédibilité du sortant.

En corollaire, la simulation donne un score minoritaire de 48,5% aux Démocrates (contre 51,5% en décembre 2012).

Cependant par le truchement des mandats par Etats (Electoral Vote), si les élections avaient lieu aujourd’hui, le camp démocrate l’emporterait « à l’arraché » avec 278 mandats pour un seuil majoritaire de 270.

En agrégeant les mandats dans les Etats où chaque camp a au moins 65% de chances de l’emporter, les Démocrates peuvent compter sur 264 mandats contre 213 aux Républicains. Restent 61 mandats dans la balance. A cet égard, il ressort de notre simulation que le sort de l’élection risque de se jouer notamment en Floride, dans l’Ohio, le Colorado et le Nevada.

La compétition commence dès le lundi 1er février dans l’Iowa dont on ne sait plus aujourd’hui s’il constitue encore un « Bellwhether State» cher à Louis Bean, le premier véritable forecaster des élections américaines dès 1940. Néanmoins, tout reste à faire pour le camp démocrate et pour Hillary Clinton en particulier.

Une martingale suffira-t-elle à inverser la courbe du chômage ? Peut-être.

A gagner les élections ? ... Pas sûr

 

Véronique Jérôme                             

Bruno Jérôme

 

20 janvier 2016

Si les modèles politico-économiques démontrent l’impact positif de la baisse du chômage sur les chances de réélection du sortant, ils supposent aussi que le ressenti auprès des agents-électeurs soit réel et non pas uniquement statistique…

 

 

Le 31 décembre au soir François Hollande a volontairement oublié qu’il s’était engagé à conditionner sa candidature à la présidentielle à l’inversion de la courbe du chômage. Il joue finalement sur les ressorts du cycle économique électoral théorisé par l’économiste William Nordhaus en 1975[i].  C’est ainsi que comptant sur une certaine dose de myopie de la part des électeurs, le gouvernement sortant manipule l’économie avant les élections pour maximiser ses chances de réélection. En économie politique moderne, « manipuler » signifie qu’il suffit de relancer l’économie avant les élections, par exemple via la hausse de la dépense publique, afin « d’obtenir » une baisse du taux de chômage au moment opportun.

 

Pour inverser la courbe du chômage d’ici à décembre 2016, il y a deux conditions nécessaires mais peut être pas suffisantes : une estimation empirique

 

Afin de stopper la progression du chômage avant de l’inverser, (1) la première condition relève d’un taux de croissance du PIB suffisamment élevé pour créer de l’emploi. A cet égard, peut-on calculer le taux de croissance idéal à partir duquel le taux de chômage commence à refluer ? Nous tenterons ici d’en donner une estimation empirique. Cependant, un taux de croissance ne se décrétant pas, la première condition doit être appuyée par (2) une seconde condition, à savoir créer un nombre suffisant d’emplois aidés, comme de nombreux gouvernement l’ont fait depuis 40 ans. Là encore, quel serait le nombre d’emplois aidés nécessaire pour assurer la baisse du chômage en renfort, si nécessaire de la croissance ? Nous essaierons d’y répondre.

Reste que ces deux conditions à l’inversion de la courbe du chômage peuvent ne pas être suffisantes. L’utilisation stratégique du cycle économique électoral présente en effet certains risques.

  1. Quel serait le taux de croissance « idéal » pour stopper la progression du taux de chômage ? Est-il suffisant ?

En comptant sur une inversion de la courbe du chômage en 2016, François Hollande a-t-il peu de chances de se tromper ?

En 2014, la France partait d’un taux de croissance de 0,2%. Ce chiffre devrait passer 1,1% en 2015[ii] (prévision). Pour 2016, les conjoncturistes tablent sur un chiffre compris entre 1,2 et 2%, une fourchette large au demeurant. En approchant la borne supérieure, le taux de chômage a évidemment plus de chances de refluer que l’inverse.

Mais au-delà, à partir de quel taux de croissance du PIB le taux de chômage (au sens du BIT) cesse-t-il de croitre ? Pour y répondre nous utilisons quelques équations économétriques simples, mais finalement informatives.

Nous partons d’une relation de type OKUN testée sur la période 1974-2014, où la variation  du chômage est expliquée par le taux de croissance du PIB et le niveau passé du taux de chômage (équation 1). En effectuant une simulation à partir des coefficients estimés, on peut établir qu’il faudra un taux de croissance du PIB de 1,6% à l’issue de 2016 pour stopper la hausse du taux de chômage en métropole[iii].

On en déduit qu’un taux de croissance moyen de 1,6% prévu pour 2016 risque de ne pas suffire. Le gouvernement sera donc tenté de recourir aux emplois aidés, à l’instar de nombre de ses prédécesseurs depuis 40 ans.

Mais combien d’emplois aidés faut-il créer pour inverser la courbe du chômage ?

  1. Avec un taux de croissance simulé de 1,6%, combien faudrait-il d’emplois aidés fin 2016 pour inverser la courbe du chômage ?

Si l’on part de l’hypothèse que la variation du chômage est fonction, cette fois, du taux de croissance et du nombre d’emplois aidés (équation 2), il ressort d’une nouvelle simulation, que pour passer d’un taux de chômage (probable) de 10,2% fin 2015 à 10,1% fin 2016 (soit un reflux de 0,1 point), il faudrait avoir créé 985 000 emplois aidés[iv] à l’issue de l’année 2016.

Pour mémoire, le nombre d’emplois aidés est de 693 000 en 2014 (source Dares). En laissant, par pure hypothèse, le nombre d’emplois aidés constant pour 2015 (à 693 000 donc), cela signifie que  la création d’emplois aidés doit croître de 292 000 d’ici à 2016 pour inverser la courbe du chômage.

Il est à noter que la création d’emplois aidés n’est pas une spécificité de gauche. Que la droite ou la gauche soit au pouvoir, l’impact de la création d’emplois aidés sur la baisse du chômage est à peu près équivalente (équation 3).

 

Les contrats en alternance, fers de lance de l’inflexion du chômage

 

Reste une question en suspens. Parmi les composantes du nombre total d’emplois aidés, i.e. (a) contrats en alternance + (b) emplois aidés marchands (hors alternance) + (c) emplois aidés non marchands (hors alternance), quelle est celle qui a le plus de chance de peser sur l’inflexion du chômage?

En réalité, d’un point de vue empirique, seuls les contrats en alternance semblent permettre significativement une inflexion de la courbe du chômage (équation 4). La croissance des emplois aidés non marchands a un impact négatif sur la variation du chômage mais la variable n’est pas statistiquement significative.

De son côté,  l’augmentation des emplois aidés marchands exerce une influence  positive sur la variation du chômage, la variable n’est pas statistiquement significative. Toujours d’un point de vue empirique, ce dernier point souligne l’inefficacité relative des emplois marchands aidés, qui du point de vue de certains économistes, produiraient même du chômage différé (concept originellement dû à Pierre Cahuc).

Lorsque l’on teste l’impact des différents emplois aidés en fonction de la couleur politique du gouvernement (équations 6 et 7), on constate que gauche et droite ont pesé sur la courbe du chômage avec succès, et avec une intensité similaire, en mobilisant avant tout les contrats de formation.  Toutefois, la gauche au pouvoir semble avoir eu plus de succès que la droite en agissant sur les emplois aidés non marchands[v]. La mobilisation des emplois aidés marchands par la gauche reste cependant synonyme d’échec pour infléchir la courbe du chômage[vi].

 

Quelles sont les limites aux conditions de l’inversion de la courbe du chômage ?

 

La première limite relève de la fragilité de la croissance française face aux chocs exogènes non contrôlés. On pense ici à l’éventualité d’une nouvelle crise asiatique, à la crise des émergents, aux tensions dans le golfe…. Pourtant, la croissance devrait quand même être soutenue par l’alignement des planètes (taux d’intérêt bas, baisse du prix du pétrole, taux de change relatif euro/dollar favorable aux exportations). Reste que l’alignement peut encore être rompu d’ici à 2016. A cet égard, on ne peut s’empêcher de penser à la fragilité de la croissance française. Que serait-elle sans cet alignement des astres ? La croissance effective prévue n’est que de 1,2% en 2015,  ce qui signifie que la croissance potentielle française est certainement proche de zéro.

Le taux idéal de 1,6% de croissance nécessaire pour arrêter la progression du taux de chômage est donc loin d’être acquis. D’où la nécessité de créer des emplois aidés.

Mais là encore, l’objectif affiché par François Hollande, finalement proche de notre simulation, reste très ambitieux.

Tout d’abord la création d’emplois aidés repose avant tout sur la dépense publique. François Hollande a certes expliqué qu’il renonçait à respecter le pacte de stabilité, mais peut-on accroître encore le poids de l’Etat qui tangente les 58% du PIB, un record sous la Vème République ?

Enfin quand bien même on les financerait, la création massive d’emplois aidés, qui plus est sous une année, requiert du temps et est sujette aux délais d’ajustement. A l’aune de la chronique des emplois aidés créés lors des 40 dernières années (voir encadré), on peut douter de la faisabilité même de créer ne serait-ce que les 300 000 emplois aidés de notre simulation d’ici à décembre 2016.

 

La chronique des emplois aidés depuis 1974 (source Dares) nous enseigne qu’à certaines périodes, les différents gouvernements ont parfois obtenu des créations massives en l’espace d’un an : 635 000 de 1985 à 1986 (Fabius puis Chirac), 73 000 de 1991 à 1992 (Cresson puis Bérégovoy), 68 000 de 1993 à 1994 (Balladur), 44 000 de 1997 à 1998 (Jospin).

Mais depuis 2006, ce sont plutôt les réductions qui dominent. Lorsqu’elles existent, les créations annuelles sont moins importantes que par le passé. Elles émanent notamment de Raffarin (+ 26 000 de 2005 à 2006), Villepin puis Fillon (+28 000 de 2006 à 2007), et enfin d’Ayrault et Valls (+ 33 000 de 2013 à 2014).

 

Une inflexion du chômage encore et  toujours obtenue par la dépense publique

 

Les quelques simulations qui ont été menées ici (ceteris paribus) montrent que la croissance  économique nécessaire à la baisse du chômage, soit 1,6%, risque de ne pas être atteinte en 2016. Le FMI vient notamment de réviser la croissance française à la baisse, soit 1,3%.

Pour asseoir sa candidature sur le seul critère de l’inflexion du chômage, François Hollande ne pourra donc compter que sur les emplois aidés qui seront lancés d’ici la fin de l’année. Une fois encore, c’est la dépense publique qui servira une (hypothétique) baisse préélectorale du chômage, ainsi que William Nordhaus l’avait théorisé en même temps qu’il le dénonçait.

Une fois de plus, la baisse du chômage, fût-elle préélectorale, ne sera pas le fruit d’une croissance potentielle forte, avec à l’origine des réformes structurelles, jusqu’à présent différées, portant à la fois sur l’efficacité des marchés et de l’Etat.

 

Une éventuelle inflexion de la courbe du chômage serait-elle un « boulevard »  pour la réélection de François Hollande ?

 

Si le retournement de la courbe du chômage se produisait, favoriserait-il automatiquement la réélection du sortant ? A cet égard, les modèles de prévision politico-économiques montrent que la variation (baissière) préélectorale du chômage doit être suffisamment importante pour être ressentie par les agents-électeurs. Ils montrent enfin qu’à côté du chômage, le sortant doit avoir conservé un stock de crédibilité suffisant, mais aussi une forte implantation électorale dans les territoires. Sur des deux derniers points, le handicap de François Hollande reste pour l’heure avéré.

 

Les limites de la manipulation «électorale » de l’économie

 

Enfin, il ne faut jamais se méprendre sur l’utilisation du cycle économique électoral. Pour terminer avec Nordhaus, celui-ci n’a pas développé la théorie du cycle économique électoral (Political Business Cycle ou PBC) pour que les hommes politiques calculent précisément à combien il fallait amener le taux de chômage pour être réélu. Au contraire, il a cherché à montrer que la manipulation du cycle économique à des fins électorales rendait, mandat après mandat,  l’économie d’un pays toujours plus dégradée.

En réalité, en démocratie, la « récompense électorale » ne doit être rien d’autre que le fruit de résultats tangibles et d’une amélioration réelle, mais aussi ressentie, du bien-être des citoyens électeurs. Car au final, ce sont eux qui décident.

 

[i] Lequel se servait de l’argument pour dénoncer la manipulation de l’économie à des fins électorales.

[ii] L’impact réel du 13 novembre 2015 restant toutefois une inconnue

[iii] La variation du taux de chômage = 1.62 -0.25 X TCPIB t, t-1 – 0.12 X Tcho t-1

Si la variation du chômage = 0 et si Tcho t-1 = 10.2 (taux probable en décembre 2015). Alors à l’issue de 2016, TCPIB t, t-1 = [-1.62 + (0.12 X 10.2)] / -0.25 = 1.6

 

[iv] Selon l’équation 2, la variation du taux de chômage = 1,40 -0,25 X TCPIB t, t-1 -0,001116 X Nombre total de contrats aidés. Si la variation du chômage nécessaire à l’inversion = -0,1 et si TCPIB t, t-1 = 1,6 (taux estimé en décembre 2016). Alors, à l’issue de 2016, nombre total de contrats aidés = [-1,4 -0,1 + (0,25 X 1,6)] / -0,001116 = 985 000.

 

[v], [VI] La significativité statistique de ces variables reste toutefois modeste (au seuil de 17% pour les emplois aidés marchands et au seuil de 27% emplois pour les aidés non marchands).

Vœux présidentiels du 31 décembre 2015

 

Bonne année … 2017… ! Un Président déjà en campagne pour la présidentielle ?

 

Véronique Jérôme

 

4 janvier 2016

Edition spéciale "Voeux présidentiels" BFM Business 20h-20h30 (31 décembre 2015)

Un paradoxe temporel : « retour vers le futur »

 

François Hollande semble regarder vers 2017 mais en utilisant ses engagements et propositions de 2012. Ces propositions n’étant toujours pas abouties (comme la situation sur le front du chômage qui peine à s’améliorer) il est normal qu’il les reprenne, à condition de les mener à terme et non pour « climatiser » l’opinion. En 2012, il disait les réformes c’est maintenant, en 2015 le Président annonce encore des réformes, et quasiment les mêmes. 

On approche de la fin du mandat, c’est un peu tard pour des promesses car l’heure du bilan va bientôt sonner.

 

 

Un bilan collé par des contraintes « sparadrap »

 

On ne décrète pas un taux de croissance, et encore moins un taux de chômage !

On peut simplement, quand on est un politique aux responsabilités, s’efforcer de rendre le terrain plus accueillant, et c’est déjà beaucoup.

 

François Hollande a raison de se préoccuper de l’économie car il a été élu sur des promesses d’amélioration de la situation économique (dans ses vœux de 2012 il s’engageait sur une inversion de la courbe du chômage, d’ici un an, disait-il…).

 

Force est de constater que le bilan n’est –pour l’heure- pas à la hauteur des attentes des français. Ils le lui ont fait savoir à l’occasion des élections locales de mi-mandat (municipales de 2014, puis départementales et régionales de 2015) qui ont eu valeur d’élections barométriques. Elles ont été instrumentalisées sous forme d’un vote sanction à destination de l’exécutif national.

Le politologue et statisticien Edward  Tufte (1978) disait « quand on pense à l’économie il faut penser aux élections, quand on pense aux élections il faut penser à l’économie (When you think economics, think elections, when you think elections, think economics) ».

 

C’est ainsi que Bill Clinton en 1992 avait affiché dans son bureau pour ne pas l’oublier : It’s the Economy stupid ! Il ne faut surtout pas oublier l’économie… puisque c’est la clé des élections !

 

Mais là encore, attention à la « manipulation des chiffres» !

 

Il ne suffira pas de présenter de bons chiffres, ou une inversion de courbe, encore faudra-t-il que cela soit durable et ressenti comme une véritable amélioration par les français. Ils devront avoir le sentiment que globalement cela va mieux.

 

 

C’est un peu comme en météo, il y a l’annonce et le ressenti. 20°C sous le soleil paraît plus chaud que 20°C par temps humide. Le contexte global fait la différence ! Pour le chômage aussi, inutile de présenter la statistique des demandeurs d’emploi catégorie A vidée de quelques 500 000 (?) jeunes passés en catégorie D au motif de la formation, si au final rien ne bouge dans l’environnement macroéconomique (plus de croissance, moins de PPO et moins de dépenses publiques…) ou microéconomique (si des freins à l’embauche ne sont pas levés, ou si de nouvelles obligations -compte pénibilité- sont ressenties comme générant plus d’inconvénients que d’avantages …).

 

L’enfer est pavé de bonnes intentions :

Du cycle économique électoral traditionnel au cycle de nature conative expérimenté par François Hollande

 

 

François Hollande tenterait-il de mettre le « couvercle » sur l’économie, pour ne pas assumer son bilan et passer directement en mode « promesses électorales pour 2017 » et enjamber l’année 2016?

 

En affichant de nouvelles intentions  et promesses de réformes, il semble être plus dans le mouvement que dans l’action. Ce qui ressemble plus à une stratégie de communication politique. Dans le texte des vœux, on note cependant: « la France a besoin de mouvement. Elle a besoin d’actions. Elle a aussi besoin d’engagement. » On pourrait imaginer d’abord l’engagement pour l’action, le mouvement étant consubstantiel.

 

Une logique de concours de beauté pour un renouvellement du bail à l’Elysée?

 

La stratégie pourrait être ici, de jouer sur le possible effet de levier issu d’un effet concours de beauté qui s’exprimerait d’abord dans les sondages. Si pour l’heure 3 français sur 4 annoncent ne pas vouloir le même match qu’en 2012 (F. Hollande vs N. Sarkozy), le Président semble croire en sa bonne étoile. Il veut devenir le favori des sondages.

François Hollande, par ses promesses nouvelles chercherait l’adhésion des français. Il serait l’homme providentiel, celui dont on devrait renouveler le mandat pour lui permettre de mener à terme les  réformes promises.

 

Les français finiraient par croire en ses chances et en faire le candidat légitime pour 2017, mais aussi le seul candidat capable de battre à nouveau Nicolas Sarkozy et d’être le rempart face à Marine le Pen (dans l’hypothèse de l’officialisation de leurs candidatures).

 

 

Pourquoi parler d’un cycle économique électoral « conatif » ?

 

Observant que les promesses sont pour l’heure plus nombreuses que les réussites, on peut s’autoriser cette image. François Hollande met l’accent sur les intentions (de réformes…) il s’attache au conatif[1], et laisse un peu de côté le cognitif, c’est-à-dire son bilan économique.

 

Or, dans le cycle économique électoral, les électeurs jugent le sortant sur son bilan économique, c’est pourquoi, pour atteindre ses objectifs annoncés, le gouvernement va manipuler les électeurs en améliorant au moment opportun le chômage et la croissance[2], ou seulement manipuler les outils de politique économique comme la dépense publique ou les impôts[3].

 

François Hollande préférerait donc qu’on le juge sur ses bonnes intentions plutôt que sur un bilan pas assez bon !

 

C’est un peu comme s’il disait aux français : on ne change pas une équipe …qui perd (ou qui n’a pas eu les résultats escomptés).

 

Les entraîneurs vous diront qu’au foot ça ne marche pas comme cela !

 

[1] Au sens intention, comme l’intention d’achat chez Filser et la théorie du comportement du consommateur.

[2] Myopes et rétrospectifs pour William Nordhaus, 1975

[3] Comme chez Alberto Alesina qui considère les électeurs rationnels, non myopes mais en rationalité limitée : au final on ne peut les manipuler qu’une seule fois.