Le site des prévisions et des analyses politico-économiques

Michael Lewis-Beck Professeur à l'Université de l'Iowa
Le prix Nobel d'économie Clive Granger. Le père - entre autres-des modèles économétriques de causalité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prévision: le concept

 

"If you must forecast, forecast often"

Paul Samuelson

  

Si, selon l’adage de Girardin “gouverner c’est (l’art de) prévoir,1 alors le politique peut trouver de précieux enseignements pour l’avenir, en s’intéressant à l’évaluation de son bilan par l’électeur. De là, si le décideur politique est un « despote bienveillant », la prévision du vote des électeurs, prise comme la révélation de leurs choix économiques, devrait permettre de mieux ajuster les instruments de politique économiques aux objectifs, ce qui devrait réduire d’autant les coûts induits des politiques économiques et les rendre ainsi plus efficaces.

 

Ainsi les prévisions (ou les simulations) politico-économiques peuvent devenir de véritables outils de gestion de l’état de grâce en début de mandat ou, des instruments d’ajustement au cours de la campagne électorale.

 

La prévision politico-économique est aussi outil d’évaluation de la crédibilité de la coalition sortante quant à son bilan (via le jugement rétrospectif produit par l’électeur). Mais en même temps, il s’agit d’un élément d’évaluation prospective en ce qui concerne les programmes comparés de l’opposition et des sortants.

 

Enfin, si l’on considère que les électeurs sanctionnent les mauvaises performances économiques avec plus d’intensité qu’ils ne récompensent les bonnes, (« asymétrie du blâme »), cet élément permet de lever une partie du « paradoxe du vote », au sens où la participation électorale peut-être motivée par la volonté de contrer des « adversaires » politiques et de les empêcher d’appliquer une politique qu’on juge défavorable à ses propres intérêts par exemple. Dans ce cas, la prévision est un moyen d’évaluer l’évolution des rapports de force avant l’élection.

 

Enfin, toute prévision scientifique doit reposer sur des critères qualitatifs, au titre desquels :

 

  • La précision de l’estimation (en référence à l’erreur de prévision),

 

  • La précocité (le plus tôt possible et en aucun cas la veille de l’élection),
  • La simplicité des modèles
  • Le caractère reproductible de la méthode pour des modèles opérationnels, moyennant des changements mineurs, d’une élection à l’autre. [Sur cette question voir Lewis-Beck (1995)].

 

1 Emile de Girardin (1806-1881) homme politique, journaliste et gestionnaire éclairé qui a su faire une large place à la publicité dans les pages de son journal “la Presse” et a pu ainsi diviser le prix de vente par deux.

 

Emmanuel Lechypre (BFM Business) à propos des modèles de prévision électorale d’ElectionScope dans l’heure H

 

15 juin 2016